Fabien Roussel vient d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.Cette annonce donne une nouvelle résonance à une question que nous posions déjà aux Amandinois pendant la campagne municipale : Saint-Amand-les-Eaux est-elle réellement sa priorité ou est-elle devenue le point d’ancrage local d’une ambition politique nationale ?Pendant la campagne, Fabien Roussel expliquait que la présidentielle viendrait après les municipales et qu’il fallait alors se consacrer aux habitants et à leurs préoccupations.Les municipales sont passées. Il est réélu maire. Et le voilà désormais lancé dans la course à l’Élysée.Le calendrier, lui, parle de lui-même. Mais au-delà de sa candidature, c’est surtout la situation de Saint-Amand qui nous préoccupe. Notre ville perd des habitants. Elle doit retrouver une dynamique et renforcer son attractivité. Elle doit avancer sur les mobilités, la circulation, la propreté urbaine et le cadre de vie, notamment dans les quartiers.Notre cœur de ville connaît aujourd’hui quelques signes d’amélioration sur le plan commercial. Tant mieux. Mais cela ne suffit pas. Saint-Amand possède un patrimoine et une histoire qui mériteraient que son cœur historique fasse l’objet d’un véritable projet d’ensemble, en matière d’aménagement, de mise en valeur du patrimoine, de cheminements, de commerces et d’attractivité.Et que dire du pilotage de plusieurs projets structurants pour l’avenir de notre commune ? Nous avons trop souvent le sentiment d’un manque de vision d’ensemble, de calendrier lisible et de véritable pilotage politique.C’est précisément dans ce contexte que nous regrettons le manque de dialogue avec la majorité municipale.Nous sommes une opposition respectueuse. Nous ne contestons pas le fait que la majorité ait été élue et nous respectons pleinement le mandat qui lui a été confié. Mais respecter la majorité ne signifie pas renoncer à notre rôle d’élus d’opposition. Nous formulons des propositions. Nous adressons des courriers. Nous sollicitons des échanges. Nous posons des questions. Et trop souvent, nous n’obtenons aucune réponse, ou seulement des réponses partielles.Ce silence est regrettable. Il l’est d’autant plus que notre démarche n’est pas celle d’une opposition systématiquement polémique. Nous pouvons avoir des désaccords profonds avec les choix de la majorité tout en considérant que le débat municipal doit être respectueux, contradictoire et constructif. Une démocratie locale vivante ne peut pas fonctionner avec une majorité qui décide et une opposition à laquelle on ne répond pas. C’est aussi une question de disponibilité.Une campagne présidentielle exige du temps, de l’énergie et une présence nationale considérable. Meetings, déplacements, médias, recherche de parrainages, organisation politique : Fabien Roussel va désormais consacrer une part importante de son activité à cette campagne. Pendant ce temps, Saint-Amand doit continuer à avancer.Nous ne lui reprochons pas d’avoir de l’ambition. Nous lui demandons simplement de ne pas confondre l’ambition pour la France avec l’ambition pour Saint-Amand.Notre ville a des atouts considérables. Elle peut retrouver une véritable dynamique. Elle peut mieux valoriser son patrimoine, faire de son cœur historique un véritable cœur de ville, améliorer ses mobilités, renforcer sa propreté et son cadre de vie et mener à bien ses projets structurants.Mais cela nécessite une direction claire, un pilotage solide et une présence quotidienne. Nous avions prévenu pendant la campagne municipale : nous ne voulions pas que Saint-Amand serve de marchepied à une carrière nationale.Aujourd’hui, Fabien Roussel est officiellement candidat à l’Élysée. Il regarde désormais vers 2027. Nous, nous continuerons à regarder vers Saint-Amand.Parce que les Amandinois ont besoin d’un maire pleinement engagé dans l’avenir de leur ville.Une ambition pour Saint-Amand, pas une ambition qui utilise Saint-Amand.